Skip to content

Vengeance de Johnnie To (Hong Kong-France/2009/108’’/35mm/Couleur/VOstFr).

février 3, 2010


Après la Louisiane, direction Macao et surtout Hong Kong avec deux Johnnies (To et Hallyday) pour le prix d’un. Vengeance, le dernier film de Johnnie To, est un vrai plaisir. Bien entendu, en tant que fan inconditionnel du grand réalisateur hongkongais, impossible d’être objectif. Dommage, parce que j’ai vraiment kiffé (et j’ai cru comprendre que Jacki entre autres avait aussi apprécié).
Comme d’habitude, voir un film de To au cinéma est un pur bonheur. Mais alors là… C’est loin d’être mon préféré, mais il possède de sérieuses qualités et des idées géniales, malgré quelques faiblesses. Déjà, première chose géniale, toutes ces auto-références et citations personnelles (scènes de pluie, quartiers récurrents de Hong Kong, situations déjà-vues et quiproquos habituels, et toujours des parapluies et surtout des portables, la même équipe Anthony Wong/Lam Suet/Lam Ka Tung/Simon Yam et les autres acteurs de l’écurie Milkyway Images). Johnnie To revisite ses propres thèmes, schémas narratifs, motifs, sans cesse renouvelés et changeants, à l’image de cette ville grouillante et dense. Vengeance est du déjà- vu absolu et un énorme clin d’œil à son œuvre, et certains de ses détracteurs y verront une complaisance de Johnnie To dans son univers « glam-cool » à la mode cowboys hongkongais trop classes. Les seconds rôles, portes-flingues et faires-valoir de notre « Jojo national », en plus de relever le niveau du film, incarnent cette dimension de changement et de renouvellement (Anthony Wong et sa petite crête fashion, Lam Suet et ses cacahuètes, égal à lui-même, et Simon Yam en méchant décalé, hystérique et fuyard).
Une histoire qu’on connait donc par cœur, mais qui devient géniale racontée par Johnnie To. En trois minutes efficaces et directes, on a tout capté. L’excuse de la présence de l’idole des jeunes (sa fille française et sa famille massacrée) et les enjeux de l’histoire (se VENGER). Sylvie Testud qui dégaine pour se protéger, introduit son papa flingueur, notre Johnny qui lui promet la vengeance (concept très critiqué car mal compris en Occident) sur son lit d’hôpital (de mort ? on n’en entend plus parler ensuite), en le déduisant par 3 ou 4 mots qu’elle lui désigne sur un journal.
Et là, c’est parti pour une heure de vengeance sanglante et frénétique.
Non, ce n’est pas le style de Johnnie To, et surtout le problème, c’est que Francis Costello, paumé à Hong Kong, s’est pris une balle dans la tête (…) il y a longtemps, et depuis il a des troubles de mémoires. « Faire quoi déjà? Ah oui se venger… ». Et cette idée est énorme : Johnny Hallyday totalement à côté de la plaque, avec cet aspect mec trop à la masse et fatigué de vivre, To sait parfaitement l’utiliser par sa mise en scène, et exploite totalement le côté absent et dépassé de Hallyday (qui cherche ses copains dans la rue avec les photos qu’il a prises d’eux ; qui flingue 15 chinois en pleine rue, se fait percuter par une voiture et se relève en mode « Bah qu’est ce que je fous là? Qu’est ce que je faisais déjà? Ah oui. », et se remet à tirer en voyant ses flingues et qu’on lui tire dessus (énorme) ; qui repère son ennemi grâce à son manteau sur lequel les gamins ont collés des stickers d’œuvre caritative (le fameux « Is this your jacket ? »). Un film sympa (que je vais retourner voir à l’Ecran), mais pour ne pas m’attarder plus longtemps sur ce film (une fiche est prévue), je vais terminer avec ceci, une critique marrante sur cinemasie.com (’’Un Charlot à Hong Kong’’) :

Conversation (imaginaire ?) entre Wai Ka Fai et Johnnie To pendant le tournage de vengeance:
Johnnie To : Bon… Delon me pète les couettes et mon projet « Costello-revival » tombe à l’eau. Des français le repêchent, ils nous filent des thunes pour le faire quand-même. Mais cette fois avec leur vieux chanteur ringard là, Charlie Holiday. Je galère, aide-moi…
Wai Ka Fai : Johnny Halliday plutôt je crois. Ecoute, on ne va pas se prendre pas la tête. Le public RTL – une radio de vieux chez les bouffeurs de calendos – et les fanas du vieux belgo-suisse n’ont sûrement pas vu nos films chinois à nous qu’on a. On n’a qu’à repomper nos scénars d’’Exilé et de The Mission, ils n’y verront que du feu. Et on passe à autre chose.
JT : Ok…
WKF : Nos scénars n’étaient déjà pas lourds hein, mais bon. On a un autre problème : il ne joue pas gégène le bonhomme…
JT : Hmm, oui. Là on va la faire comme ça : on l’entoure de notre bonne équipe : Antony Wong, Lam Suet et les copains, comme ça le vieux peroxydé aura des faire-valoir, il existera à travers le regard des autres plus que par le sien. Sinon on ne va pas y arriver
WKW : Ok. Mais on a un autre problème…
JT : Encore…
WKF : Oui. Les chinois.
JT : Quoi les chinois ?
WKF : Il n’arrive pas à s’en dépêtrer. Pour lui on se ressemble tous. Pendant les prises il donne la répartie à n’importe qui. Hier il a récité son texte devant le preneur de son, et pas plus tard que ce matin il a braqué le balayeur de la Milkyway avec son calibre ! Comment tu veux arriver à quoi que ce soit de bon avec un pedzouille pareil ??
JT : Ohé !! On a les ronds, on fait le film, point. Et depuis quand tu me parles sur ce ton toi d’abord ?! Et respecte-le s’il te plait, il couvre mon budget cigares sur mes deux prochains films.
WKF : Ok, ok, attends, laisse-moi réfléchir. Hmm… Attends, je sais ! Et si on balançait que Costello s’était choppé Alzheimer ? Comme ça, pour justifier qu’il zappe tout le monde, hop, on lui colle des polaroïds dans les mains pendant le film ! Le public n’y verra que du feu.
JT : Pas bête. Tu vois quand tu veux. Moi j’en ai un autre de problème à te soumettre : sa répartie « Is this your jacket ? » il la plante à chaque fois. Ca sonne faux. Pire : c’est ridicule. J’en suis à la 48ième prise, je suis crevé.
WKF : Oui, je m’en suis rendu compte. J’y ai déjà réfléchi et te propose la chose suivante : le vieux n’arrête pas de dire qu’il veut dessouder du pédé. Sylvie Testud m’a glissé qu’être « de la jaquette », en français, veut dire qu’on est pédé. On n’a qu’à lui faire croire qu’il s’apprête à zigouiller une tante, « Es-tu de la jaquette ? », et hop, il sera content et peut-être un peu plus motivé pour son texte.
JT : Wow ! Je prends, c’est génial. Mais même comme ça, je ne suis pas sûr que ça passe.
WKF : Ah ça non, pas certain.
par Arno Ching-Wan (25 mai 2009)


Voir aussi:
Compte rendu Johnnie To.
Fiche du film.
http://www.vengeance-lefilm.com/
http://blog.landofthegeeks.com/?p=10228
http://vincentlesagecritique.blogs.allocine.fr/vincentlesagecritique-226930-vengeance.htm

Eddie, le 31 mai 2009.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :