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Zombie Women of Satan de Warren Speed et Steve O’Brien (UK/2009/87’’/HD/1:78/Couleur/anglais/VO/24:25 Films-Growling Clown Entertainment/Rated R)

août 15, 2012

J’aurais du me méfier avec un titre pareil, mais j’ai pas pu m’empêcher…
C’est l’après-midi à Hong Kong, et je pensais me trouver un petit film sympa pour digérer tranquille, après avoir enchaîné dans la matinée Bloody Shake et Last Chance Mumbai (deux films assez sérieux qui m’ont bien plu). En cherchant parmi la multitude de films proposés au Filmart, mon attention est attirée par le nom (pas banal) de ces Femmes Zombies de Satan. Déjà d’ici, ça pue le film cheap et le mauvais goût racoleur, mais je me laisse bêtement prendre au piège, en me disant qu’au pire, je me marrerai bien. Et c’est drôle de voir, parmi les gens qui viennent regarder le film, des messieurs très sérieux en costume, qui regardent avec attention malgré l’absurdité du spectacle, qui des fois restent jusqu’au bout, des fois sortent rapidement de la salle trop écœurés ou simplement pas intéressés du tout (des éventuels acheteurs de films ?, me disais-je).

Résumé:
La chanteuse rock Skye Brannigan (Victoria Hopkins) recherche sa petite sœur disparue, enlevée par un culte étrange. Accompagnée de sa troupe burlesque Flesharama, Skye répond à une demande d’interview en pleine campagne parmi une famille très bizarre. Rencontre qui va dégénérer en bain de sang scandaleux car les membres de la famille Zander ont des activités déviantes et une meute de jeunes filles en sous-vêtements, zombifiées et incontrolables. Notre joyeuse équipe de cirque freak s’en sortira t’elle?

Alors par où commencer? D’abord, le générique annonce tout de suite la couleur (rouge et blonde) et le ton. Des filles à moitié à poil (et certaines bien en chair), grimées en zombies et mimant grossièrement ces morts vivants des plus vulgaires, sur un fond noir où apparaissent les titres. Les personnages principaux sont présentés aussi de la même façon : un groupe d’artistes freak et décalés (à côté de la plaque ? non, décalés) constitués de Pelvo, un clown complètement taré et adepte de la branlette et des groupies d’hôtel miteux (Warren Speed himself) ; une chanteuse gothique à la voix grave et qui recherche sa sœur perdue depuis des années (la plus sérieuse du groupe, mais hélas peu crédible) ; une armoire à glace barbue, lanceur de couteau et muet; Zeus un vieux nain assistant dans leurs spectacles et sujet à des diarrhées aigüeset bien moches (Peter Bonner) ; Harmony Star (Kate Soulsby), une chanteuse aussi bien foutue que niaise ; le tout dirigé par un patron manager (ce sont des artistes) habillé en cow-boy et lui aussi idiot comme ses bottes. En face, une famille de dégénérés (le père pseudo-scientifique taré qui expérimente des recherches un peu louches, la mère hystérique et nymphomane, enchaînée au mur et roulant des pelles à son fils, les deux sœurs aussi idiotes qu’inutiles, et le frère rabatteur de jeunes filles et « journaliste » à ses heures perdues, puisqu’il interview le groupe de héros) qui fait des expérimentations pas très catholiques sur des jeunes filles en sous vêtements qui portent chacune une lettre autour du cou (il y a donc 26 filles, autant que l’alphabet, plus les doublures, les actrices pour cette horde sexy-gore étaient au moins une bonne cinquantaine, qui sont toutes mentionnées au générique).

Les groupes sont présentés au début du film, en montage alterné, ce qui rend la narration et la compréhension un peu confuse (présentation des « artistes » sur scène, avec Harmony Star qui sautille pour faire tourner les pompons accrochés au bout de ses tétons –j’ai pensé à la scène de la baston dans la bar dans Le Vagabond de Tokyo (revu ICI) avec ces grandes plumes roses derrière lesquelles elle se cache, ou encore à ça-, on passe à une scène d’expérience gore avec le père, on revient sur scène avec un grand nombre de figurants spectateurs, puis retour à cette famille chelou (qui sont ils ? où sont-ils ?), et le fils qui embobine plein de filles (celles qui deviendront zombies) et qui prépare une interview pour le lendemain. Pendant ce temps, le manager-cow-boy motive ses troupes, il faut se coucher tôt pour être en forme pour l’interview de demain. Ok, le lien entre les deux groupes est fait (magie du scénario), et après une séquence inutile dans un motel miteux où Pelvo le Clown invite discrètement un nombre incalculable de groupies dans sa chambre, au nez et à la barbe de son manager (gags lourds et répétitifs qui ralentissent le rythme déjà bien mal lancé), direction un coin paumé de cambrousse pour faire se rencontrer cette troupe de déjantés et cette famille de dégénérés, pour cette interview-rencontre, point de départ de cette histoire absurde.
Et vraiment à partir de là, ça devient du grand n’importe quoi.
Une des filles de la famille bizarre a laissé tomber de la bave d’une bimbo zombifiée dans une sangria qu’elle va servir à toutes les autres filles encore saines (plus pour longtemps). Ça part grave en cacahuète, puisque les premières filles à être infectées commencent à dévorer férocement les autres, pendant que commence l’interview du groupe, et de la chanteuse Skye, dont le fils est fan et super heureux de cet entretien, mais apprend vite la terrible nouvelle et se barre pour tenter de régler les problèmes, laissant plantés là ses invités.
Invités qui ne vont évidement pas rester ici à ne rien faire, et vont visiter les alentours, surtout que Skye a reconnu un objet à sa petite sœur ou un truc du genre, sœur perdue ou enlevée il y a plusieurs années (flashback à deux balles), et qui est effectivement retenue chez cette famille de dégénérés, comme on l’apprend quelques plans plus tard (elle apparait soudain comme ça dans le film. Magie du scénario).

Et c’est parti pour une bonne heure de carnages abondamment gores, de courses poursuites avec des filles bien en chair, dégoulinantes et ensanglantées, de dialogues pourris dans la forêt, de choses totalement insensées (le nain qui a la diarrhée et dont la séquence grassement bruitée dure une éternité surréaliste, le clown qui tranche la tête de son patron, sans faire gaffe, comme ça, en armant son coup pour frapper un zombie à la tronçonneuse alors que son boss se trouvait derrière lui, les zombies en fauteuil roulant, leurs soudaines apparitions au bon vouloir du scénario qui s’essouffle de plus en plus, toute l’errance dans la forêt qui n’est qu’un prétexte de série B sans idée qui veut nous perdre, sans parler des scènes dans la cave des expériences, la mère complètement tarée qui est hystérique en regardant la vidéo de son fils en train de copuler avec une zombie, et surtout le final hallucinant de bêtise).
Les réalisateurs s’amusent à transgresser joyeusement tous les tabous (scatophilie, nécrophilie, œdipe, sexe bien crade mais pas montré non plus –c’est pas de la pornographie-, gore gratuit et profonde idiotie, tellement aberrante et stupide que je n’en parlerai pas), pour livrer un film qui se voudra peut être choquant, mais tellement crétin qu’il passe à côté de la plaque. Et puis on sent vraiment que leur budget est bien maigre, tout flaire l’amateurisme, du cadrage au scénario, en passant par le jeu des acteurs, ça aurait pu marcher, mais les blagues ne sont pas drôles (l’humour est culturel ?), certains moments sont trop longs et bien vite lassants (le nain qui chie), et l’aspect vidéo est vraiment assez mal utilisé, voir rebutant (tous ces verts en forêt).
Finalement, ce Zombie Women of Satan m’a paru être une grosse déception, j’en attendais pas grand-chose non plus, mais bon, ce n’est en tout cas pas moi qui conseillerait d’aller le voir.
J’ai dû rire à certains moments, mais j’avoue m’être bien ennuyé dans l’ensemble. A éviter donc, sauf si on aime le genre (film de zombie en vidéo pas cher), si on aime les anglaises bien en chair, si on aime quand le sang coule à flot inutilement, mais surtout si on aime les blagues bien nazes (opinion subjective..).

http://www.zwosthemovie.com/
http://www.zombiewomenofsatan.com/
http://www.imdb.com/title/tt1468757/
http://www.facebook.com/ZombieWomenOfSatan
http://www.almasoscuras.com/zombie-women-of-satan
http://www.desperatezombie.com/2010/04/zombie-women-of-satan-tits-living-dead/
http://www.zombiecommand.com/reviews/movies/zombie-women-satan-review-frightfest-2009/
http://www.brainsbrainsbrains.org/2010/03/zombie-women-of-satan-it-really-was-the-wrong-time-of-the-month/

Plus de chroniques de films ICI.

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